Le Slavia Praha – Lens du jeudi 10 septembre 2026 a offert un scénario complètement fou en Ligue des champions. À l’Eden Arena, le RC Lens s’est imposé 3-2 lors de la première journée de la phase de ligue, au terme d’une remontée arrachée dans le temps additionnel. Menés à deux reprises par une équipe tchèque pourtant réduite à dix, les Sang et Or ont trouvé les ressources pour renverser la soirée grâce à Abdallah Sima, Florian Thauvin et Ruben Aguilar. En face, le doublé de Danijel Šturm a longtemps laissé croire à un immense exploit praguois.
Ce résultat pèse déjà lourd pour le club français, qui lance parfaitement sa campagne européenne à l’extérieur. Il dit aussi beaucoup du visage du match. Lens a parfois souffert, souvent poussé, mais n’a jamais cessé d’attaquer. Slavia, de son côté, a mêlé courage, intensité et réalisme pendant plus de quatre-vingt-dix minutes. Puis tout a basculé en trois minutes, dans une fin de rencontre aussi cruelle pour les locaux qu’exaltante pour les visiteurs.
Un premier acte dense et tendu
Dès les premières secondes, le rythme était élevé. Le Slavia se montrait très direct, avec des projections rapides et un pressing agressif pour gêner la relance lensoise. Danijel Šturm donnait vite le ton en attaquant la profondeur, pendant que Lens cherchait ses repères dans un stade très bruyant. Les visiteurs avaient davantage le ballon par séquences, mais l’équipe tchèque paraissait plus tranchante dans les courses et plus menaçante dans les premières approches.
La première période restait pourtant sans but. Lens montait progressivement en puissance autour de Florian Thauvin et tentait de poser son jeu plus haut. Le Slavia croyait un moment ouvrir le score, mais une main annulait l’action avant la pause. De l’autre côté, Robin Risser et Markovič répondaient présents dans les moments chauds. À la pause, le tableau restait bloqué à 0-0, sans que cela ne reflète vraiment l’intensité d’un match déjà très vivant.
Le carton rouge qui change tout
Le tournant arrivait immédiatement après la reprise. Entré à la pause, Mikuláš Konečný était expulsé à la 49e minute après intervention de l’assistance vidéo, à la suite d’une faute sur Abdallah Sima en position dangereuse. Sur le papier, le match semblait alors glisser vers Lens. Les Français avaient un coup franc intéressant et surtout une supériorité numérique appelée à peser sur la dernière demi-heure.
Mais le football européen adore les contradictions. Deux minutes plus tard, malgré cette infériorité, le Slavia prenait l’avantage. Servi après une récupération haute, Danijel Šturm déclenchait une frappe superbe pour battre Robin Risser et faire exploser l’Eden Arena. À 1-0, Prague retrouvait encore plus d’énergie. Lens se retrouvait soudain face à un double défi: contourner un bloc resserré et contenir l’enthousiasme d’un adversaire transcendé par l’événement.
Lens pousse, Sima répond
À partir de ce moment, Lens a eu le mérite de ne pas se désunir. Le ballon circulait plus vite, les centres se multipliaient et les entrants apportaient un second souffle. Florian Thauvin tentait d’assumer le rôle de guide technique, pendant qu’Odsonne Édouard et Ruben Aguilar venaient renforcer la poussée artésienne. Le Slavia, lui, défendait avec une dépense énorme, porté par ses duels gagnés et par l’activité de Markovič dans la surface.
L’égalisation finissait par tomber à la 73e minute. Sur une séquence insistante de Lens, Abdallah Sima surgissait pour conclure et remettre les deux équipes à égalité. À 1-1, le match repartait presque à zéro, avec un avantage psychologique qui semblait alors clairement du côté lensois. Le problème, pour les visiteurs, venait du fait que le Slavia ne lâchait rien. Même à dix, même soumis à une pression croissante, le club praguois continuait à menacer par transitions rapides.
Šturm croit offrir la victoire au Slavia
Le dernier quart d’heure montait encore d’un cran. Lens occupait le camp adverse, mais chaque ballon perdu ouvrait une perspective de contre. Danijel Šturm restait le symbole de ce danger permanent. Très mobile, précis dans ses appels et inspiré dans ses frappes, il donnait constamment du travail à la défense française. Et à force de résistance, le Slavia croyait faire le plus dur à la 88e minute.
À la suite d’un ballon arrêté, le cuir revenait dans une zone brûlante et Šturm frappait une deuxième fois. Le but portait le score à 2-1 et replongeait l’Eden Arena dans l’euphorie. Pour Lens, le coup était terrible. Revenir une première fois avait déjà coûté beaucoup d’énergie. Se retrouver mené une seconde fois contre dix joueurs, à quelques instants du terme, pouvait casser bien des équipes. Pourtant, c’est là que les Sang et Or ont montré leur vraie résistance mentale.
Thauvin rallume tout, Aguilar achève Prague
Le temps additionnel a transformé un bon match en soirée invraisemblable. À la 90e+1, Florian Thauvin remettait Lens à hauteur d’une tête décisive après un centre de Mezian Mesloub. L’égalisation arrivait presque immédiatement après le second but du Slavia et assommait psychologiquement les locaux. En quelques secondes, tout ce que Prague croyait tenir redevenait fragile. Le ballon, les émotions et l’élan avaient changé de camp.
Et Lens n’en restait pas là. Deux minutes plus tard, Ruben Aguilar trouvait l’ouverture pour signer le 3-2 à la 90e+3. Le renversement était complet. Les joueurs du Slavia, admirables de courage jusque-là, se retrouvaient punis par une fin de match trop ouverte. Lens, lui, passait brutalement de la frustration à l’euphorie. Cette capacité à rester dans le match jusqu’au bout a fait toute la différence dans une rencontre où la marge d’erreur était infime.
Florian Thauvin a logiquement marqué la soirée par son influence, son égalisation et son rôle constant dans l’animation offensive. Abdallah Sima a pesé dans les appels et provoqué l’action du carton rouge avant de marquer. Ruben Aguilar, entré en cours de jeu, a fini le travail avec un sang-froid précieux dans le chaos final. En face, Danijel Šturm sort malgré la défaite avec une prestation majeure, tant son doublé et sa menace permanente ont porté le Slavia pendant presque tout le match.
Un succès déjà important pour la suite
Dans cette nouvelle phase de ligue, prendre trois points dès la première sortie change immédiatement la perspective d’une campagne. Pour Lens, gagner à Prague de cette manière apporte à la fois un capital comptable et une dose de confiance considérable. Le contenu n’a pas toujours été linéaire, mais l’équipe a montré du caractère, de la profondeur de banc et une vraie faculté d’adaptation face à un contexte hostile.
Le Slavia peut nourrir d’immenses regrets, mais aussi quelques certitudes. Réduite à dix pendant presque toute la seconde période, l’équipe tchèque a mené deux fois au score contre un adversaire de haut niveau. Elle a su faire mal dans le jeu vertical, tenir les duels et garder une menace offensive réelle jusqu’aux dernières minutes. La défaite fait mal, surtout au vu du scénario, mais la copie n’a rien d’anodin dans une compétition où chaque point se gagne chèrement.
Au final, ce Slavia Praha – Lens restera comme l’un des matches les plus renversants de cette première journée. Le RC Lens a gagné 3-2 grâce à une remontée folle, conclue dans les ultimes instants par Florian Thauvin puis Ruben Aguilar. Le Slavia Praha, héroïque à dix, a longtemps cru tenir une victoire de prestige grâce au doublé de Danijel Šturm. Il n’aura manqué que quelques secondes aux Tchèques. Pour Lens, en revanche, cette soirée européenne commence avec un souvenir déjà très fort.




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