Les joueurs de Virton célèbrent leur victoire 2-1 sur la pelouse d’Eupen au Stade du Kehrweg.

KAS Eupen – Royal Excelsior Virton : 1-2, les Pandas renversés après la pause

Le duel KAS Eupen – Royal Excelsior Virton a tourné à l’avantage des visiteurs ce dimanche 1er novembre 2026 en Challenger Pro League. Au Stade du Kehrweg, les Pandas se sont inclinés 1-2 alors qu’ils menaient encore à la pause. Devant 1.408 spectateurs, Eupen avait pourtant pris le match par le bon bout grâce à un penalty transformé par Ba-Muaka Simakala, mais Virton a complètement retourné la situation au retour des vestiaires avec deux frappes venues de l’extérieur signées Junior Ntenda puis Ihab Goudani. Pour le club germanophone, cette nouvelle défaite à domicile laisse un goût amer et confirme un coup d’arrêt après un début de saison très solide.

Ce KAS Eupen – Royal Excelsior Virton comptait pour la 9e journée de la Challenger Pro League et il arrivait à un moment important pour les deux équipes. Eupen voulait réagir après sa courte défaite précédente contre le Beerschot, tandis que Virton, promu et ambitieux, cherchait à confirmer qu’il pouvait tenir le rythme face à un candidat crédible au haut de tableau. Le scénario du soir a finalement récompensé le réalisme gaumais, bien davantage que la domination territoriale d’Eupen.

Eupen frappe en premier mais ne se met pas à l’abri

Le début de rencontre a donné l’impression que les locaux avaient retenu la leçon de leur revers précédent. Eupen a rapidement installé le jeu dans la moitié adverse, avec davantage de présence dans la surface et une volonté claire de mettre de la vitesse sur les côtés. Logan Delaurier-Chaubet, Chris-Kévin Nadje et surtout Simakala ont régulièrement apporté du danger, même si Virton est resté discipliné dans son bloc et a tenté de fermer l’axe.

La récompense est arrivée en fin de première période. Après une action litigieuse dans le rectangle, la décision arbitrale a confirmé un penalty pour Eupen, provoqué lorsque Igor Plastun a obtenu la faute. Ba-Muaka Simakala ne s’est pas fait prier et a converti l’envoi des onze mètres à la 44e minute, l’horloge du club retenant le 43e, pour faire sauter le verrou et offrir l’avantage aux Pandas. Ce but venait ponctuer une première mi-temps plutôt cohérente des hommes de Felice Mazzù, capables de presser juste et de garder le contrôle émotionnel d’un match qui n’avait pourtant rien d’évident.

À ce moment-là, tout semblait en place pour une soirée plus sereine du côté eupenois. Virton n’avait pas montré énormément de présence dans les seize mètres, et Eupen se procurait les occasions les plus franches. La possession restait légèrement favorable aux locaux, la circulation du ballon semblait propre, et la sensation générale était celle d’une équipe capable de faire le break si elle maintenait le même rythme après le repos.

Virton change tout au retour des vestiaires

Le visage du match a toutefois basculé après la pause. Virton est revenu avec davantage d’agressivité dans les duels et plus de liberté dans les tentatives lointaines. Cette évolution a été capitale. À la 58e minute, Junior Ntenda a remis les deux équipes à égalité en décochant une frappe du gauche depuis l’extérieur du rectangle, parfaitement placée dans le coin inférieur. Ce but a instantanément relancé les visiteurs et a changé la dynamique mentale de la rencontre.

Eupen a tenté de réagir immédiatement. Les Pandas ont continué à finir plusieurs actions, se sont montrés dangereux sur quelques centres et ont cherché à peser dans la zone de vérité. Les chiffres traduisent d’ailleurs une rencontre où les locaux n’ont pas disparu du tout: 13 tirs contre 11, 6 frappes cadrées contre 3, ainsi qu’un plus grand nombre de touches dans le rectangle adverse. Mais cette supériorité statistique n’a pas suffi, parce que Virton a été beaucoup plus tranchant dans les moments clés et a su faire très mal sur des phases où Eupen laissait un peu d’espace devant sa défense.

Après l’heure de jeu, le match est entré dans une phase plus ouverte. Eupen a injecté du sang neuf avec les montées d’Isaac Nuhu, Bertan Çaliskan et Théo Maréchal, dans l’idée de reprendre l’initiative. Virton, lui, n’a pas paniqué. L’équipe a accepté de reculer par séquences, tout en restant menaçante dès qu’une transition ou une frappe de loin se présentait. On a alors compris que le 1-1 n’était pas seulement un retour accidentel, mais le signe d’une deuxième période maîtrisée avec beaucoup de lucidité.

Le bijou de Goudani punit les Pandas

Le tournant définitif est tombé à la 79e minute, là encore avec un décalage d’une à deux minutes selon les rapports disponibles. Ihab Goudani a armé une frappe du gauche depuis l’extérieur de la surface et a trouvé la lucarne opposée pour faire 1-2. L’action a été bonifiée par une passe d’Abdelsamad Hachem, mais le mérite principal revient à la qualité du geste du buteur. En quelques instants, Virton venait de gagner le match là où Eupen avait manqué de cynisme: dans la précision des moments décisifs.

Ce deuxième but a fait très mal au Kehrweg. Eupen a lancé ses dernières forces dans la bataille, avec notamment une tête de Nadje trop enlevée et une occasion d’Aron Sulejmani repoussée par le gardien. Le portier virtonais Célestin De Schrevel a tenu bon, et la défense gaumaise a résisté à la pression finale. Virton a même encore trouvé des situations pour faire le break, preuve que le match s’était totalement débridé dans les derniers instants.

Le contraste est cruel pour les Pandas. Eupen a gagné plus de duels, a plus souvent joué dans le camp adverse et a affiché une qualité de passe légèrement supérieure. Pourtant, le tableau d’affichage a sanctionné son manque d’efficacité et deux instants de relâchement face à des frappes venues de loin. Virton, de son côté, a parfaitement illustré ce que l’on attend d’une équipe opportuniste: rester dans le match, exploiter les espaces et frapper au moment exact où l’adversaire doute.

Les buteurs et les hommes marquants du match

Sur le plan individuel, Ba-Muaka Simakala a longtemps été le joueur le plus influent côté eupenois. Son penalty transformé lui a permis d’ouvrir le score, et il a encore pesé ensuite par ses appels et ses frappes. Chris-Kévin Nadje s’est aussi montré entreprenant, tandis que Rune Paeshuyse et Igor Plastun ont assuré une bonne partie de la relance. Mais après le repos, Eupen a perdu un peu de maîtrise dans le contrôle des secondes balles et dans la protection de la zone de tir, ce qui a offert à Virton deux fenêtres que les visiteurs ont converties.

Chez les vainqueurs, Junior Ntenda et Ihab Goudani sont évidemment les grands noms de la soirée. Le premier a redonné vie à son équipe avec une égalisation qui a complètement inversé la confiance. Le second a signé le geste le plus spectaculaire du match avec une frappe en pleine lucarne. Il faut aussi souligner le travail d’Abdelsamad Hachem, crédité de l’assist sur le but victorieux, ainsi que la solidité globale d’un collectif qui n’a jamais semblé sortir de son plan malgré l’ouverture du score eupenoise.

Une défaite qui pèse dans la course en haut de tableau

Au classement, cette rencontre n’est pas anodine. Eupen reste bloqué à 15 points après huit matches et voit une belle occasion s’envoler dans la lutte pour rester au contact des toutes premières places. Virton, grâce à ce succès, grimpe à 13 unités et se rapproche franchement des équipes de tête. Pour un promu, s’imposer au Kehrweg en renversant le score constitue un signal fort envoyé au reste de la Challenger Pro League.

Pour la KAS Eupen, le problème n’est pas seulement comptable. Il s’agit aussi d’une deuxième défaite consécutive à domicile sur le score de 1-2. Le contexte appelle donc une réaction rapide, tant sur le plan mental que dans la gestion des moments-clés. Les Pandas ont montré qu’ils pouvaient produire du jeu, se créer des situations et mettre l’adversaire sous pression. Mais à ce niveau, cela ne suffit pas toujours. Il faut fermer les portes au bon moment et convertir davantage les temps forts.

Virton repart, lui, avec beaucoup plus que trois points. Le club gaumais a gagné en crédibilité, en confiance et en marge psychologique pour la suite de sa saison. En revenant d’Eupen avec une victoire construite sur du caractère, de la patience et deux très belles frappes, les visiteurs ont signé l’un des résultats marquants de cette journée.

En résumé, KAS Eupen – Royal Excelsior Virton a offert un scénario limpide et cruel à la fois: Eupen a eu la première emprise, Virton a eu le dernier mot. Le penalty de Simakala avait lancé les Pandas vers une soirée de rebond, mais Ntenda puis Goudani ont complètement inversé l’histoire. Score final: 1-2. Pour les supporters eupenois, la frustration est réelle. Pour Virton, cette victoire au Stade du Kehrweg vaut bien plus qu’un simple succès à l’extérieur.