Mikel Merino célèbre lors de la victoire 2-1 de l’Espagne contre la Croatie à Split en Ligue des nations

L’Espagne renverse la Croatie 2-1 en Ligue des nations

Croatie – Espagne a livré un vrai match de haut niveau mardi soir à Split, et c’est finalement la Roja qui est repartie avec les trois points. Menée après l’ouverture du score d’Ivan Perišić, la sélection espagnole a retourné la situation pour s’imposer 2-1 grâce à un doublé de Mikel Merino. Le milieu espagnol, monté à la pause, a égalisé peu après l’heure de jeu avant de frapper encore en fin de rencontre.

Dans cette affiche de l’UEFA Nations League, l’Espagne a encore montré deux visages. D’abord contrariée par l’intensité croate et par un bloc bien en place, elle a ensuite pris le contrôle avec plus de justesse entre les lignes. La différence s’est faite sur la patience, sur la qualité des entrées et sur une meilleure gestion des moments clés. À l’arrivée, le score de 2-1 récompense une équipe espagnole qui a su accélérer au bon moment.

Une Croatie mordante dès le début

La Croatie a pourtant entamé cette rencontre avec beaucoup d’envie. À domicile, dans l’ambiance toujours dense du Poljud, les Vatreni ont joué sans complexe. Ils ont cherché à couper les circuits espagnols, à fermer l’axe et à forcer la Roja à contourner le bloc. Cette agressivité a rapidement donné des signes positifs, surtout dans les duels et sur les premiers ballons aériens.

Le premier vrai coup est venu à la 17e minute. Ivan Perišić a profité d’une séquence bien construite pour placer un coup de tête qui a fait mouche. Split a explosé, et la Croatie a pu s’appuyer sur ce scénario idéal. Le but a donné encore plus de conviction à l’équipe locale, tandis que l’Espagne a dû repartir de plus loin que prévu.

Autour de Luka Modrić, la Croatie a ensuite essayé de ralentir le tempo. L’idée était claire. Il fallait casser le rythme espagnol, densifier le milieu et forcer les visiteurs à jouer sur des zones moins dangereuses. Pendant une bonne partie de la première période, le plan a tenu. L’Espagne gardait le ballon, mais trouvait peu d’espaces nets dans la surface.

Ce premier acte a aussi montré une Croatie capable de souffrir ensemble. Les défenseurs ont protégé leur gardien avec discipline, et les milieux ont beaucoup travaillé dans le repli. L’Espagne, elle, a manqué de présence dans les trente derniers mètres. Quelques mouvements ont existé, mais la précision a souvent fait défaut au dernier geste.

Merino change tout après la pause

Le tournant du match a commencé à la mi-temps. Luis de la Fuente a lancé Mikel Merino, et l’entrée du milieu a tout de suite donné une autre texture au jeu espagnol. Plus mobile, plus direct et plus présent dans la zone de finition, il a offert un point d’appui que la Croatie a eu davantage de mal à contrôler.

L’égalisation est arrivée à la 61e minute. Servi dans de bonnes conditions, Merino a conclu une action espagnole mieux menée, avec Dani Olmo à l’origine de l’assist. À 1-1, le rapport de force a changé. L’Espagne a gagné en confiance, et la Croatie a commencé à reculer de quelques mètres. Ce décalage, même léger, a pesé très lourd dans la dernière demi-heure.

La Roja a alors retrouvé ce qui fait sa force dans les grands rendez-vous. Les transmissions sont devenues plus fluides, les décalages plus rapides, et les appels plus tranchants. La Croatie résistait encore, mais l’impression générale n’était plus la même. On sentait une équipe espagnole mieux installée, plus dangereuse et surtout plus sereine dans son occupation du terrain.

Le mérite espagnol a été de ne pas se précipiter. Après l’égalisation, il n’y a pas eu de ruée désordonnée. L’Espagne a continué à construire, à fatiguer le bloc adverse et à faire circuler le ballon avec autorité. C’est souvent dans ce type de gestion que se jouent les matches serrés. Mardi soir, elle l’a encore démontré.

Le tournant définitif dans le dernier quart d’heure

La fin de rencontre a été particulièrement cruelle pour la Croatie. Ivan Perišić, déjà averti, a été expulsé à la 79e minute après un second jaune. Cette sortie a changé l’équilibre d’un match déjà de plus en plus tendu pour les locaux. Se retrouver à dix dans les dernières minutes face à une Espagne qui montait en puissance a fortement réduit les marges croates.

L’Espagne a aussitôt accentué la pression. Les centres se sont multipliés, les deuxièmes ballons ont souvent tourné en sa faveur, et la Croatie a dû défendre plus près de son gardien. C’était le moment le plus délicat pour les hommes de Zlatko Dalić, d’autant que les efforts consentis depuis le début de la soirée commençaient à se faire sentir.

Le but victorieux est tombé à la 88e minute. Sur une action bien amenée, Merino a encore frappé, cette fois sur un service de Martín Zubimendi. Le milieu espagnol a fait parler son sens du timing et sa précision pour signer le doublé. À ce moment-là, la Croatie n’a plus eu le temps ni les ressources pour répondre.

Ce genre de dénouement résume bien la soirée. La Croatie a longtemps cru tenir un résultat, mais l’Espagne a mieux géré les temps forts et les détails. Un banc plus influent, une maîtrise mentale supérieure et une vraie efficacité dans le money time ont suffi à faire la différence.

Un succès précieux pour la Roja

Au-delà du simple score, cette victoire compte beaucoup pour l’Espagne dans son parcours en Ligue des nations. Elle confirme la dynamique d’une équipe qui sait gagner de plusieurs manières. Plus tôt dans cette campagne, la Roja avait déjà montré sa force dans des matches ouverts. Cette fois, elle a surtout prouvé qu’elle savait s’arracher dans une rencontre fermée et rugueuse.

Le succès à Split a aussi une portée symbolique. Battre la Croatie chez elle reste toujours un test exigeant, surtout dans un contexte européen aussi dense. L’Espagne a répondu présente malgré une première période inconfortable. Elle a accepté de subir par moments, puis elle a progressivement imposé sa maîtrise technique et son sang-froid.

Mikel Merino ressort évidemment comme l’homme du match. Son entrée a changé l’allure du duel, et son doublé a transformé une soirée compliquée en victoire majeure. Ce n’est pas seulement une question de finition. Sa lecture du jeu, ses déplacements et son impact dans la surface ont donné une profondeur nouvelle à l’attaque espagnole.

Pour la Croatie, il y aura forcément des regrets. Le but rapide de Perišić, la qualité de l’entame et l’organisation du premier acte pouvaient nourrir de vraies ambitions. Mais contre ce type d’adversaire, chaque perte de contrôle se paie rapidement. Le carton rouge a pesé, et la gestion de la dernière séquence a manqué de lucidité.

La soirée de Split s’est disputée devant 32.690 spectateurs, avec en prime un arbitrage mené par le Belge Erik Lambrechts. Le décor était idéal pour une grande affiche, et le scénario n’a pas déçu. Longtemps accrochée, l’Espagne a finalement imposé sa loi sans jamais donner l’impression de paniquer.

Ce qu’il faut retenir de Croatie – Espagne

Ce Croatie – Espagne restera comme un match de bascule. La Croatie a frappé la première et a défendu avec beaucoup d’énergie. L’Espagne, elle, a construit sa remontée étape par étape, en corrigeant sa structure à la pause puis en s’appuyant sur l’excellent Merino. Le doublé du milieu espagnol, aux 61e et 88e minutes, raconte presque à lui seul l’évolution de la rencontre.

La Roja n’a pas écrasé son adversaire. Elle l’a plutôt usé, puis punie au moment le plus sensible. C’est souvent le signe des équipes mûres. Elles ne dominent pas forcément chaque minute, mais elles savent comment sortir gagnantes d’un match inconfortable. Mardi soir, l’Espagne a donné cette impression de maîtrise profonde.

Pour la Croatie, la prestation ne se résume pas à la défaite. Il y a eu de l’intensité, de la personnalité et de vrais bons moments, surtout avant la pause. Mais à ce niveau, la marge est très mince. Face à une Espagne aussi clinique dans les instants décisifs, cela ne pardonne pas souvent.

Le verdict final est donc clair. L’Espagne s’impose 2-1 à Split après avoir été menée, et poursuit sa campagne européenne avec autorité. La Croatie, elle, repart frustrée, consciente d’avoir touché quelque chose de solide avant de céder sur la fin. Pour les amateurs de football international, cette rencontre a offert tout ce qu’on attend d’un grand soir de Ligue des nations.