Serbie Pays-Bas 1-2, c’est le score qui résume une soirée importante pour l’Oranje en Ligue des nations. En déplacement au Stadion Rajko Mitić de Belgrade, la sélection néerlandaise s’est imposée dimanche grâce à un doublé de Mexx Meerdink. L’attaquant a transformé un penalty à la demi-heure avant de frapper encore après la pause, offrant au passage une première victoire officielle à Xavi Hernández à la tête des Pays-Bas.
Le résultat ne raconte pourtant pas tout. La Serbie a longtemps donné l’impression de pouvoir faire dérailler le plan néerlandais, surtout dans les premières minutes et juste après l’égalisation de Luka Jović. Mais les visiteurs ont mieux géré les moments décisifs. Ils ont su survivre au temps fort local, puis punir une défense serbe trop permissive sur l’action du 1-2. Dans un groupe A2 déjà tendu, ce succès replace immédiatement les Néerlandais dans une position favorable.
Une entame serbe pleine d’intentions
Le début de rencontre a été plus inconfortable que prévu pour les visiteurs. La Serbie a attaqué avec de l’énergie, de l’impact et une vraie volonté de jouer haut par séquences. Dans son stade, elle a tenté de mettre du rythme autour de Dejan Joveljić, d’Andrija Živković et du milieu porté par Saša Lukić. Les Pays-Bas ont bien eu davantage de ballon, mais leur circulation restait encore un peu stérile. Belgrade poussait, et la première demi-heure n’avait rien d’une promenade.
Ce scénario s’est encore compliqué pour l’Oranje avec la sortie précoce de Cody Gakpo. L’ailier a dû céder sa place dès la 17e minute, laissant Xavi réorganiser son secteur offensif avec l’entrée de Ruben van Bommel. Ce changement forcé aurait pu casser le fil néerlandais. Il a surtout obligé les visiteurs à chercher d’autres solutions, avec plus de mouvements entre les lignes et des courses plus directes dans la surface serbe.
La bascule est arrivée à la 30e minute. Crysencio Summerville a provoqué dans la zone de vérité, et l’action a débouché sur un penalty pour les Pays-Bas. Mexx Meerdink s’est présenté face à Vanja Milinković-Savić avec beaucoup de calme pour un joueur encore très neuf à ce niveau. L’attaquant a converti l’occasion sans trembler et a mis son équipe devant au tableau d’affichage. Ce but a changé l’atmosphère de la soirée, parce que la Serbie payait soudain très cher une période où elle avait pourtant rivalisé.
Les Néerlandais ont ensuite eu l’occasion d’enfoncer le clou avant la pause. Leur maîtrise est devenue un peu plus nette, avec des phases de possession plus propres et de meilleures projections. La Serbie, elle, devait digérer ce coup du sort tout en gardant assez de lucidité pour rester dans le match. À la mi-temps, le 0-1 semblait sévère du point de vue local, mais il récompensait aussi le réalisme d’une équipe néerlandaise plus chirurgicale dans la zone décisive.
Jović relance la Serbie, Meerdink répond
Le retour des vestiaires a relancé la rencontre en quelques secondes. Veljko Paunović a injecté du sang neuf avec les entrées de Dušan Tadić et de Luka Jović, et la réponse a été immédiate. À la 46e minute, Jović a conclu une action confuse dans la surface pour remettre les deux équipes à égalité. Le stade s’est réveillé d’un coup. La Serbie retrouvait ses repères émotionnels, son public, et surtout l’idée que ce match pouvait vraiment lui appartenir.
Ce passage a été le moment le plus délicat pour les Pays-Bas. Leur bloc a légèrement reculé, la relance s’est faite moins fluide, et la Serbie a commencé à croire davantage à ses transitions. Pendant quelques minutes, le match a ressemblé à une bataille ouverte, bien plus nerveuse que technique. Xavi a alors cherché à redonner de la fraîcheur à son milieu et à sa ligne offensive. Les entrées de Kenneth Taylor et de Guus Til à la 67e minute ont ramené de l’élan et une lecture plus verticale.
Deux minutes plus tard, la différence était faite. À la 69e, Meerdink a encore frappé pour signer le 1-2. L’action a récompensé la réactivité néerlandaise après un moment de flottement. Guus Til a été impliqué sur ce mouvement décisif, et l’attaquant d’AZ a conclu avec l’autorité d’un avant-centre en confiance. Dans un match jusque-là très disputé, cette efficacité a fait la séparation. La Serbie avait trouvé les ressources pour revenir, mais elle n’a pas réussi à tenir son nouvel équilibre assez longtemps.
La fin de partie a ensuite pris une tournure plus stratégique. La Serbie a tenté de pousser avec Filip Kostić et plus de présence dans les couloirs. Les Pays-Bas, eux, ont refermé les espaces avec davantage de pragmatisme. Il n’était plus question de séduire à tout prix, mais de sécuriser les trois points. L’Oranje a accepté un football moins brillant, plus adulte, en gérant mieux les secondes balles et les temps faibles. Dans ce registre, la victoire a fini par devenir logique.
Meerdink au centre du récit néerlandais
Le grand nom de cette rencontre reste évidemment Mexx Meerdink. Titulaire pour la première fois, l’attaquant a répondu avec un doublé et une présence constante dans la surface. Son penalty a montré du sang-froid, son deuxième but a confirmé un vrai sens du timing, et son activité générale a offert de l’oxygène à toute l’animation offensive. Pour un joueur encore au début de son aventure internationale, l’impact est considérable.
Au-delà des chiffres, son match a surtout raconté quelque chose sur la nouvelle hiérarchie offensive néerlandaise. Avec la sortie rapide de Gakpo et les blessures qui ont touché d’autres solutions ces dernières semaines, il fallait un point d’ancrage fiable. Meerdink a occupé cet espace avec simplicité et efficacité. Il n’a pas cherché à surjouer. Il a pris les bonnes zones, protégé les ballons utiles et terminé les actions au meilleur moment. Pour un sélectionneur qui lance un nouveau cycle, ce genre de prestation compte énormément.
Cette victoire donne aussi un peu d’air à Xavi Hernández. Le nouveau sélectionneur avait déjà vu son équipe arracher un nul contre l’Allemagne quelques jours plus tôt, mais un premier succès restait attendu pour valider les premiers principes de jeu. À Belgrade, tout n’a pas été parfait. Les Pays-Bas ont souffert par moments et n’ont pas contrôlé chaque séquence. En revanche, ils ont montré une identité plus claire avec ballon et une capacité à corriger le tir en cours de match. Pour un début de mandat, c’est un signal utile.
La Serbie peut regretter son manque d’efficacité
Côté serbe, la frustration doit être réelle. Après une nouvelle défaite 2-1, la sensation dominante est celle d’une équipe qui a produit assez pour espérer davantage, sans réussir à transformer ses bons moments en résultat. Le début de match avait été intéressant, et l’entrée de Jović avec Tadić a immédiatement changé la dynamique après la pause. Mais dans les surfaces, la Serbie a laissé filer trop de détails, et ce sont justement ces détails qui séparent souvent les matches de très haut niveau.
Il y a malgré tout quelques éléments encourageants pour la suite. L’équipe a affiché plus de répondant qu’à son précédent rendez-vous, elle a mieux utilisé son public, et elle a su bousculer un adversaire supérieur sur le papier. Le problème, pour l’instant, reste comptable. Zéro point après deux journées dans une poule aussi dense complique fortement la mission. La marge d’erreur devient déjà très réduite avant le prochain déplacement en Allemagne.
Un groupe A2 qui se resserre derrière la Grèce
Au classement, ce Serbie Pays-Bas 1-2 permet aux Néerlandais de grimper à la deuxième place du groupe A2 avec quatre points. La Grèce occupe la tête avec six unités, tandis que l’Allemagne suit avec un point. La Serbie ferme la marche sans rien au compteur. Ce contexte donne encore plus de valeur au succès de Belgrade, car il évite à l’Oranje de courir après son début de campagne dès le mois de septembre.
La suite s’annonce d’ailleurs immédiatement intéressante. Les Pays-Bas aborderont leur prochain match contre la Grèce avec l’idée de prendre le pouvoir ou, à tout le moins, de rester pleinement dans la course. Pour la Serbie, l’urgence est déjà là. Il faudra transformer le contenu en points, et très vite. En attendant, la vérité de ce dimanche soir reste limpide: à Belgrade, les Pays-Bas ont fait la différence grâce au réalisme de Meerdink et sont repartis avec un succès précieux, 2-1.




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