La Hongrie bat l'Ukraine 2-1 à Trnava en Ligue des nations grâce à un but tardif de Csinger

La Hongrie s’impose face à l’Ukraine 2-1 en Ligue des nations

L’affiche Ukraine – Hongrie a offert un vrai scénario de Ligue des nations ce lundi 5 octobre 2026 à Trnava. Dans son match à domicile délocalisé en Slovaquie, l’Ukraine a fini par céder 1-2 face à une Hongrie plus réaliste dans les moments décisifs. Milán Tóth a ouvert le score au retour des vestiaires, Roman Yaremchuk a égalisé en fin de rencontre, puis Márk Csinger a immédiatement redonné l’avantage aux visiteurs. Le groupe B2 se resserre donc encore davantage après cette quatrième journée, avec une Hongrie relancée et une Ukraine mise sous pression.

Ce résultat a surtout confirmé la solidité mentale du onze hongrois. Battus 1-0 par l’Ukraine lors du premier affrontement de cette phase de groupe, les Magyars ont cette fois mieux géré les temps faibles et mieux puni les erreurs adverses. Leur succès s’est dessiné dans une fin de match nerveuse, tendue, puis brutale pour les Ukrainiens. Dans un stade de Trnava acquis à un contexte particulier, l’Ukraine n’a pas su transformer sa domination territoriale en contrôle réel du score.

Une première période engagée mais verrouillée

Les deux équipes ont d’abord avancé avec prudence. L’Ukraine a essayé d’imposer davantage de possession, mais la Hongrie a fermé les intervalles avec beaucoup de discipline. Les défenseurs hongrois ont défendu près de leur surface sans trop s’affoler. En face, les Ukrainiens ont eu du ballon, mais moins d’espaces dans les trente derniers mètres. Le premier acte s’est donc surtout joué dans l’intensité des duels et dans la capacité des visiteurs à contenir les décrochages ukrainiens.

Le match a vite pris un ton physique. Yehor Nazaryna a ainsi été averti dès la 20e minute, preuve d’un milieu ukrainien obligé de couper certaines transitions. La Hongrie n’a pas non plus évité les contacts rugueux et a répondu dans le même registre. Malgré quelques situations intéressantes de part et d’autre, aucune équipe n’a trouvé la faille avant la pause. Le 0-0 à la mi-temps reflétait assez bien une première période serrée, appliquée et longtemps fermée.

Dans ce type de duel, le premier but pèse souvent énormément. L’Ukraine semblait pourtant capable de hausser le rythme après le repos, surtout grâce à une circulation plus rapide sur les côtés. Mais la Hongrie a parfaitement senti le moment où le match pouvait basculer. Elle n’a pas forcé les choses inutilement. Elle a attendu le bon espace, puis a frappé au moment exact où la rencontre commençait à s’ouvrir.

Milán Tóth lance la Hongrie

Le tournant est arrivé à la 52e minute. Milán Tóth a conclu l’action qui a donné le 0-1 aux Hongrois et a récompensé la projection rapide de son équipe. Ce but a changé la dynamique psychologique du match. L’Ukraine, jusque-là assez patiente, a été contrainte d’accélérer son jeu et d’aller chercher des courses plus directes. La Hongrie, elle, a pu défendre un peu plus bas et utiliser chaque récupération pour menacer à nouveau.

Trois minutes plus tard, Dániel Lukács a reçu un carton jaune, signe que les visiteurs devaient parfois défendre dans l’urgence. L’Ukraine a alors essayé de répondre sur le banc. À la 60e minute, Roman Yaremchuk, Vladyslav Vanat et Maksym Khlan sont montés pour apporter davantage de présence dans la zone de vérité. Ces changements ont modifié le visage offensif ukrainien. Le ballon a commencé à revenir plus vite vers le but hongrois.

La Hongrie n’a cependant pas perdu sa structure. Les lignes sont restées proches et les défenseurs centraux ont beaucoup gagné dans le jeu aérien. Le bloc a aussi su ralentir le tempo quand il le fallait. Les entrées de Gábor Jurek, Tamás Szűcs, József Szalai et Rajmund Tóth ont servi le même objectif. Il fallait tenir, mais aussi garder assez d’énergie pour punir la moindre ouverture.

Yaremchuk relance tout, puis Csinger tranche

L’Ukraine a fini par trouver sa récompense à la 83e minute. Entré en cours de match, Roman Yaremchuk a égalisé de près après un service venu d’Oleksandr Pikhalyonok sur une phase arrêtée prolongée dans la surface. À ce moment-là, le stade a cru à un renversement émotionnel. L’Ukraine revenait enfin à hauteur après avoir insisté pendant une bonne partie de la seconde période. La séquence pouvait faire basculer mentalement la rencontre du côté des locaux. Beaucoup d’équipes auraient vacillé après une égalisation aussi tardive.

La Hongrie n’a pourtant laissé planer le doute que deux minutes. À la 85e, Márk Csinger a surgi pour inscrire le but du 1-2 et doucher immédiatement la réaction ukrainienne. Le défenseur a conclu de près sur un ballon amené dans la zone dangereuse par Rajmund Tóth. Ce deuxième but hongrois a fait très mal, car il est tombé au pire moment pour l’Ukraine. L’élan né de l’égalisation s’est effondré presque instantanément.

La fin de match a ensuite pris des allures de siège ukrainien. Les locaux ont poussé une dernière fois, avec plusieurs ballons injectés dans la surface et une volonté claire de jouer vite autour du second ballon. La Hongrie a néanmoins gardé sa lucidité. Balázs Tóth et sa défense ont tenu jusqu’au bout, tandis que l’Ukraine manquait de précision dans les derniers gestes. Après le temps additionnel, le 1-2 n’a plus bougé.

Un succès qui relance complètement le groupe B2

Au classement, cette victoire change beaucoup de choses. Après quatre journées, l’Irlande du Nord reste en tête avec huit points, la Hongrie grimpe à sept points, l’Ukraine reste à quatre unités et la Géorgie ferme la marche avec deux points. La marge est donc faible, mais la dynamique n’est pas la même pour tout le monde. La Hongrie se replace clairement dans la course aux premières places. L’Ukraine, elle, n’a désormais presque plus droit à l’erreur.

Ce succès vaut aussi comme réponse sportive. La Hongrie avait perdu le premier duel de la série contre cette même équipe ukrainienne. En gagnant le match retour à Trnava, elle efface cette défaite et reprend confiance dans un groupe très serré. Surtout, elle l’a fait dans un contexte délicat, sur terrain adverse au sens administratif du terme et dans une rencontre longtemps fermée. C’est souvent dans ce genre de soirée que se mesure la maturité d’une sélection.

Pour l’Ukraine, le sentiment doit être bien différent. Le contenu n’a pas toujours été mauvais, et l’équipe a montré une vraie réaction après l’ouverture du score. Mais la gestion des instants clés a coûté très cher. Revenir à 1-1 à la 83e minute pour encaisser le 1-2 presque dans la foulée reste un scénario cruel. À ce niveau, cette fragilité-là se paie immédiatement.

Une leçon de réalisme pour l’Ukraine

La rencontre laissera donc deux lectures très nettes. L’Ukraine a eu des séquences de contrôle, davantage d’initiative et plus de pression en fin de partie. La Hongrie a eu moins de marge dans le jeu, mais elle a été plus tranchante dans les surfaces. Ce contraste explique presque à lui seul le résultat final. Dans une compétition courte comme la Ligue des nations, l’efficacité pèse souvent plus lourd que la seule impression générale.

Il faut aussi souligner la portée du but signé Csinger. Voir un défenseur central devenir le héros de la soirée à la 85e minute résume bien le caractère de ce succès hongrois. Ce n’était pas un triomphe spectaculaire. C’était une victoire rugueuse, opportuniste et très bien gérée émotionnellement. Pour les Ukrainiens, la frustration est immense. Pour les Hongrois, ce 2-1 à Trnava pourrait compter très lourd dans le récit de leur campagne automnale.

Au bout du compte, Ukraine – Hongrie a donc proposé un match plus tendu que flamboyant, mais certainement pas sans relief. Le premier acte a été fermé, la reprise a souri aux visiteurs et le dernier quart d’heure a tout emporté sur son passage. Yaremchuk a brièvement rallumé l’espoir ukrainien. Csinger l’a éteint presque aussitôt. Dans le groupe B2, la Hongrie repart avec trois points très précieux et l’Ukraine avec une soirée qui laissera longtemps des regrets.